Maison urbaine — Rennes
Pas une maison raisonnable. Une maison courageuse, ancrée dans son territoire.
01 — Les habitants
Sofia travaille depuis chez elle. Elle cherche de la lumière, une terrasse pour le café du matin avant de plonger dans son écran. Marc est passionné de brutalisme, cette façon de valoriser les matériaux bruts, la sincérité du béton.
Tous deux ont succombé à Lisbonne : ses façades d'azulejos, cette ville qui embrasse sa beauté sans jamais s'excuser. Mais à Rennes, avec deux enfants, un chien qui adore la boue, deux voitures et les vendredis soir vidéoprojecteur, la poésie doit composer avec le programme.
02 — La contrainte
Le quartier s'essaie à la minéralité. Un nouveau bâtiment en travertin donne le ton. Sofia et Marc veulent s'inscrire dans cet esprit, sans disparaître dedans. Trouver un geste identitaire dans un contexte qui impose la retenue.
03 — L'évolution du projet
La première proposition est lumineuse, assumée : une toiture ardoise qui s'avance en casquette, une affirmation bretonne. Puis vient le rendez-vous client. Les goûts s'affirment, les priorités se précisent. La casquette devient un auvent sur toiture plate. Plus sobre, plus juste.
04 — La réponse
La façade s'harmonise avec le quartier : céramique mate ton travertin, grande taille, tons beige chauds. Ancrée. Mais sur le contour de l'entrée, un carrelage géométrique bleu-gris se dévoile discrètement, une référence à Lisbonne pour ceux qui prennent le temps de regarder. Le béton brut façonne les linteaux et l'acrotère.
À l'intérieur, chaque contrainte devient une opportunité : la baignoire du chien au rez-de-chaussée, le bureau-terrasse de Sofia au deuxième étage baigné de lumière avec vue sur la Vilaine, et le salon-cinéma sombre et enveloppant pour les vendredis soir.
Un geste identitaire dans un contexte qui impose la retenue.
Parti pris — La Citation